Ecrire partout et sur la peau.

samedi 15 juin 2013

Rompre.

Les mots sont devenus difficiles. Ce n'est plus écrire sur la peau, mais plutôt extraire quelque chose de soi. Quelque chose qui ne veut pas. Quelque chose qui, peut-être, n'existe plus. J'ai rouvert la fenêtre comme autrefois. La pièce est devenue petite. La maison l'est de plus en plus. La famille se réduit à trop peu. Tu me dirais, regarde la couleur du soleil, demain il fera beau. Mais ici, c'est un quotidien d'insignifiances. J'essaie d'en apprécier chaque seconde, de me montrer reconnaissante. Et effectivement, je le sens passer. Ce temps, si précieux. Cette vie, qui n'est pas la mienne. J'ai toujours cette obsession du ciel, de la mer. De l'infiniment grand. Il me faudrait plusieurs vies et je n'arrive déjà pas à trouver le sens de celle-là.

vendredi 24 mai 2013

Un naufrage.

Alors la mer s'est retirée. Au loin, les vagues, reculées. Au milieu de cette terre acide, échouée dans ce désert, personne ne viendra. C'est l'histoire d'un naufrage. Autour, l'immensité, le monde dans son entier. Hurle autant que tu veux, personne ne viendra te chercher.

lundi 29 avril 2013

Désaccorder.

Je suis comme l'instrument dans un coin sombre de la pièce retranché.
Le corps en étui, l'âme dans le fond.
Incapable de jouer
seule
la vie me parcourt
quand une main me touche,
quand des bras m'enserrent.

Alors je m'anime.

Fragile
sensible aux variations
lorsque l'on m'oublie
lorsque l'on m'abandonne
résonne encore et pourtant
cesse d'exister.

Je suis comme l'instrument dans un coin sombre de la pièce retranché.
Le corps en étui, l'âme dans le fond.
Incapable de jouer,
je suis désaccordée.

dimanche 30 septembre 2012

Again.

La nuit tombe sur la chambre éteinte. Le plafond a des airs de déjà-vu. C'est comme descendre lentement en enfer, le chauffage en moins. La pièce est petite, silencieuse. C'est un bon endroit pour la fin des choses. Le plus dur est encore d'entendre que dehors, dans la maison, la vie continue qu'on soit là ou non. Alors, le rituel s'installe. On se réapproprie les lieux, au-dedans. On se débarrasse des restes, des indices. A quoi bon laisser des pistes à ceux qui n'ont jamais chercher à comprendre et qui ne sauront effectivement jamais rien de plus. Puis, vient l'attente. Ce peut être un jour ordinaire, un jour comme les autres. Un moment opportun.

mardi 18 septembre 2012

The nearness of you.

Par pudeur, j'ai d'abord voulu ne rien en dire. Je gardais la chose secrète ici comme ailleurs. Je le gardais lui, tout entier, pour moi. J'avais en tête une note que j'intitulerais L'Aviateur. J'attendais. Je savourais chaque moment. J'essayais de trouver les mots pour décrire l'inconnu. Surtout, je ne voulais pas qu'il trouve ici ceux qui n'arriveraient peut-être pas à sortir de ma bouche. Quelque part, au milieu des airs de jazz, le retrouver c'était comme rentrer chez soi. C'était accueillant, chaud et doux. Et puis après, vous savez, c'est la musique qui est difficile à trouver.

mardi 10 juillet 2012

Time flies.

J'ai la tête pleine de souvenirs et le coeur lourd de les sentir s'éloigner. Au-dessus du train pour Paris, chaque matin, un avion passe, suivant sa propre voie. Est-ce qu'il rentre à Rio lui aussi ? La répétition de la scène, la concordance des éléments, la fugacité de cette rencontre quotidienne m'intriguent. Ceux que j'aime sont à peu près tous à un train ou un avion de moi désormais. Et cette distance-là me donne le goût de la fuite. Et cette peur primaire, immense, qu'elle suscite me donnerait presque le courage de tout plaquer. Partir. Aller retrouver ceux qui ne sont plus là au lieu de se sentir abandonnée au bord de la route. Quand j'aurai eu le courage de partir, je sais que revenir sera bien plus pénible encore. Alors j'attends. J'attends d'avoir un but autre que celui de la destination. J'attends et espère trouver la terre où planter mes racines.

mercredi 20 juin 2012

Song for a player.

Ne dis rien. Je t'en prie. Joue. La nuit, comme les jours de pluie, est faite pour la musique. La nuit, comme les jours de pluie, sont faits pour nous. S'il te plaît, joue encore. Quelques notes sans paroles pour avoir la peau des mots. Quelques notes pour lutter contre le silence. Allez, recommence. Composons un air qui nous ressemble. Le temps d'un soupir, le temps de s'accorder, un morceau pour pallier l'absence.

dimanche 17 juin 2012

Song for a dreamer.

J'arpente les rues la nuit. La solitude m'a réconciliée avec Paris. Les épreuves, la douleur, la mort même, la nôtre la leur surtout, m'ont réconciliée avec la vie. 
Many times, i've found my answer in his eyes...
Je ne trouve plus les mots pour te dire. Je pense en musique désormais. J'ai l'âme dans le corps. Je ressens en pulsation, j'avance en rythme, j'essaie de suivre le bon. Et l'harmonie dans tout ça, dis-moi A quoi ça rime Où est-ce qu'on va Quand les paupières sont closes. Quand les yeux grands ouverts sur la nuit voient plus clairs qu'en plein jour. Jusqu'où irons-nous, toi et moi. Si l'un de nous se perd. Si l'un de nous oublie comment faire. Retrouve-moi à l'endroit habituel vers 3h-3h30. Je garderai une lumière allumée pour toi.

mercredi 6 juin 2012

By my side.

C'est la nuit, fin mai, dans les rues de Paris. C'est la nuit tout autour, quand sous les toits, au septième étage, il fait encore ou déjà jour. C'est là, entre l'obscurité du dehors et la lumière du dedans, que la vie tout à coup se met à danser. Elle danse et tangue dans la chambre aux murs comme la coque d'un bateau. J'ai l'impression d'être en mer, j'ai l'impression d'être partie en voyage. C'est la nuit sous le ciel capital, jamais bleu, toujours sans étoiles. Comment savoir alors, dis-moi, matelot, quelle direction prendre ? C'est la nuit, début juin, sur les toits de Paris. C'est la nuit, orageuse, qui claque et déverse tout son flot. Elle rince. Elle isole un peu plus la douceur bien à l'abri, bien au chaud. Comment savoir, dis-moi, si on y voit plus clair quand on est plus haut ?

dimanche 6 mai 2012

Remembrance.

Le dimanche, le matin, c'est le corps qui se souvient. L'éveil sans paroles, les gestes comme expression, la peau pour vocabulaire. Quand tes bras m'enserrent et que ma main caresse ton visage, le sommeil cède la place à la tendresse qui s'insinue. Tes lèvres d'abord, ta bouche, sa morsure. Moi contre toi, ma nuque, mon cou. Qui t'appartient. Devenus proie l'un de l'autre, chasse sans vainqueur, jeu sans perdant. Ne s'embarrassant d'aucun mot superflu, préférons-les crus, les aimant évidents. Dans les regards tenus, dans les sourires mutins, toi et moi, encorps. La vérité nue.

samedi 5 mai 2012

Nuance.

L'écriture est partie avec le courant, avec l'énergie. Je suis l'homme devant la mer, tu es l'océan qui prend, qui engloutit. Je suis là, lasse, les pieds dans le sable. Je m'éternise. Les sentiments sont des vagues qui reculent, toujours, oui. Mais le sel, lui, vous colle à la peau. Tu es là, interdit, les mains dans les poches. Tu t'abstiens. Les vagues sont des remparts, pour d'autres, aussi. Je pars en voyage. Dans cette ville aux cloisons si minces où la distance n'est jamais plus grande. Je croise tellement de visages, je saisis tellement d'autres mains. Je pars, et elle revient.

mercredi 25 avril 2012

Maintenant qu'il fait tout à fait nuit sur toi.

Maintenant que les masques tombent, que les tirades sont dites, la scène se fait déserte. Chacun a joué son rôle jusqu'au bout du drame. Roméo et Juliette, le tragique, sans la noce, sans l'aveu. L'impossibilité seulement. Quand le courage manque au héros, l'héroïne manque de tout le reste. Barrière ordinaire pour une détresse devenue trop banale. Chacun s'est pris au jeu, a bien retenu son texte. Transmettre l'émotion, le coup de sang, la glaciation au spectateur, à l'auditoire mais surtout, si tu meurs au bout du conte, s'il te plaît, au moins, aie la bienséance de le faire en coulisses. Derrière les rideaux baissés, la guitare en vacances, le froid reprend sa place. Blotti, bien au-dedans. Maintenant qu'il fait tout à fait nuit, une nouvelle pièce s'écrit. Une farce, peut-être. La comédie reine pour un quiproquo roi. Maintenant qu'il fait tout à fait nuit sur toi, le dénouement s'abat sur tes paupières closes. Pour toujours et à jamais.

Tiret 4, page 118. Et elle, elle passera. Et moi, je la raterai.

dimanche 22 avril 2012

Elle danse seule.

Elle dit aujourd'hui qu'à son âge elle a connu le plus cruel, qu'elle a vu le plus beau. Les petits matins à Venise, les soleils couchants sur le lac Mälaren, les nuits qui n'en finissent pas. Elle vit aujourd'hui. Aucun regret, elle dit si les choses n'arrivent pas. Elle danse,
seule. Une à une, elle enfile jambe droite puis gauche Elle met une robe noire. Colore ses lèvres du rouge que tu veux, du rouge qu'elle n'ose. Puisque tu aimes la voir fatale contre fatalité. Alors, elle.

vendredi 6 avril 2012

Hunter.

Je suis l'enfant d'une terre à perte de vue. Mes racines sont ici et pourtant, je me suis toujours sentie chez moi ailleurs. Ailleurs, c'est quelque part entre le minuscule de ces paysages autrefois animés, aujourd'hui silencieux, et l'immensité du monde. Je suis l'enfant de deux âmes égarées. De deux âmes blessées, restées en méconnaissance. Je suis l'enfant oubliée sur un banc des heures durant, des années, la peur pour compagne.

Petite, j'ai souvent eu l'impression que la vie s'était arrêtée un vendredi. Le 16 décembre 1994, vers 21h, devant Thalassa. Est-ce alors d'avoir, si jeune, embrasser un mort qui m'a rendue la chose si familière? Le vendredi, avant, était le jour du père. Le jour où il venait me chercher à la sortie de l'école. Le jour où, assise à l'avant de la voiture, je me sentais si fière. Le jour où je me sentais exister pour lui. Plus tard, longtemps, le vendredi est resté un jour froid et ensoleillé d'hiver. Un jour auquel le 23 décembre 2011 est venu s'ajouter, sans l'ombre d'un doute.

Je suis celle, élevée par deux grands coeurs, qui m'ont donné le meilleur et m'ont appris l'essentiel. Je suis celle qui danse dans la rue, dans la cour, dans le salon. Je suis celle qui guette, écoute, scrute. Puis claque, frappe, et crève, s'il faut. Je suis le phoenix, parfois, qui renaît de ce qui brûle.

mardi 13 mars 2012

And then.

J'écris. J'écris pour emplir la nuit. J'écris pour glisser le long des murailles de silence, édifiées en votre âme et conscience, autour d'un coeur tendre désormais clos sur lui-même. J'écris pour continuer à voir au-delà. J'écris pour qu'un jour les bras viennent remplacer les mots et qu'un autre corps que le mien vienne serrer contre lui le corps du texte. J'écris pour ne pas hurler. Pour maîtriser la colère qui gronde. Pour préserver ce qui peut encore l'être. A défaut que quelqu'un m'entende, j'écris pour prendre soin de moi. J'écris pour l'enfant qui sommeille, pour la femme qui devient. J'écris pour rester vivante. J'écris pour garder contact avec ce qui souhaite plus que tout rester humain.

samedi 10 mars 2012

Melody.

Cet air chaud, cet air mordant, c'est toi qui me l'as inspiré.
C'est l'été, encore, pendu à mon cou ou mon cou, toujours, pendu à tes pieds.

Cet air, si doux, qui se joue entre deux êtres quand ils se frôlent.
Tellement, que cela ne peut pas durer. Tellement, que c'est intenable.
Cet air de provocation dans ta bouche, cet air de défi dans mes yeux, c'est un jeu, une partition, effectivement, bien trop difficiles à maîtriser.
Cet air, c'est un corps à corps. Et ce qui m'enserre, c'est l'indomptable. C'est l'émotion qui affleure. C'est un feu qui étreint. C'est un jeu qui brûle.
Cet air, c'est l'incertain.

jeudi 16 février 2012

How many.

Je regarde la nuit doucement s'insinuer, petit à petit les liens se dénouer, petit à petit le corps encore lentement tomber. Combien de fois, dis-moi. Combien de fois, ce spectacle, encore. Je sens l'indifférence, le silence, je sens doucement pénétrer votre brutalité, petit à petit mon envie avorter, petit à petit mon coeur encore lentement dessécher. Combien de fois, dis-moi. Combien de fois, cet écroulement au-dessus au dessous de moi, encore.

samedi 14 janvier 2012

Petit homme.

Je te vois pour la première fois assis, sur un quai de gare, tee-shirt rouge. Je te vois petit, si près, si grand en apparence. Il y a de la distance encore, toujours, qui m'empêche de serrer contre moi ce qui me touche. Tellement ça me touche, peut-être. Peut-être parce que personne, jamais, n'a été si près que toi, petit, en cet instant. Je t'entends plein de certitudes, je te vois plein de doutes. Je te sens incertain. J'aimerais, si tu savais, j'aimerais là, aujourd'hui comme hier te prendre, t'emmener n'importe où. Essayer de sauver ce qui peut l'être de toi, ce qui semble s'éteindre. Avec la petite flamme, le parfum. De la différence. Petit homme, j'aimerais te prendre par la main. Pas pour te guider, non. Juste t'accompagner sur le fil que tu as tendu au-dessus du vide. Juste relier nos deux solitudes l'une à l'autre. Essayer que demeure quelque chose, au milieu de la disparition. Au milieu du chagrin.

dimanche 8 janvier 2012

Stockholm syndrom.

J'ai pensé mettre mon coeur sur la table j'ai pensé abattre mes toutes dernières cartes j'ai pensé jouer le jeu jusqu'au bout j'ai pensé la vie est courte, fais, fais tout ce que tu peux j'ai pensé venir te suivre, même opération kamikaze j'ai pensé qu'un regard suffirait j'ai pensé onze minutes pour te faire plier, une escale un avion, un bateau, peu importe au fond, à l'intérieur, j'en ai déjà versé des larmes et j'ai pensé l'océan est tellement vaste tu peux toujours compter sur ces foutues vagues quelques mois, des années, une vie entière... j'en ai rien à faire qu'est-ce que tu veux j'ai tout le temps d'attendre, j'ai tout le temps de vivre en attendant mon vieux

J'ai pensé déserter les lieux.

vendredi 6 janvier 2012

A la limite.

J'ai décidé de regarder la vérité en face. Chaque matin, j'affronte le souvenir la blessure station Pyramides. Chaque soir, je lui tourne définitivement le dos. J'ai compris depuis bien longtemps que ma vie n'était pas ici. J'ai compris que ce que je cherchais devait m'emmener partout. Du plus loin au plus près de vous. J'ai compris qu'il me fallait l'excitation et le danger, l'agitation et le repos, l'effervescence de la foule, des rues pleines et l'isolement des solitaires, des paysages reculés. Il m'a fallu du temps pour comprendre que je n'avais besoin de personne. Que j'avais suffisamment en moi pour continuer, tenir debout. J'ai compris qu'il n'y avait pas de plus grand amour que celui de se donner soi, sans rien demander, de laisser l'autre suivre sa propre voie, quitte à ce que ce soit sans nous. J'ai compris que je ne perdais jamais vraiment les autres, mais que c'était peut-être eux en fin de compte qui me perdaient tout à fait. J'ai compris que toute cette année, en dépit des morts qu'elle avait semées, avait été pleine de vie. J'ai compris qu'au-delà des séparations nécessaires, des corps enfouis, elle avait enfin mis un terme à ma propre disparition. J'ai compris que tout tenait à un fil et j'ai appris, moi aussi, à rompre pour continuer. J'ai compris qu'il faudrait endurer la patience jusqu'au dernier jour. Et j'ai espéré qu'alors, tes silences comme les miens, ton regard comme le mien oseraient refaire le chemin, sauraient se reconnaître, pourraient tout exprimer. Et puis, une fois de plus, j'ai compris qu'il ne faudrait rien garder. Un parfum, une voix, une peau. Tout se roule à l'intérieur et disparaît sous l'eau. Ne reste que ce que l'on veut bien en dire. Ne reste que le goût de l'inexactitude. Puisque tu mens comme tu désires.

vendredi 30 décembre 2011

L'aimant impossible.

Forces contraires, pouvoir égal. C'est l'attraction irrésistible, c'est le charme indéniable sans rémission. C'est l'aimant impossible. Toi et moi mis en présence, c'est la table minuscule qui devient océan, infranchissable. Même si toutes les bouteilles à la mer te parviennent. C'est un appel sans écho, c'est un voyage sans retour.

J'aurais aimé écrire sur ta peau avec plus d'ardeur.
J'aurais aimé m'inscrire dans le coeur comme le manque, l'erreur, l'obsession.
J'aurais aimé, c'est sûr.

S'effacer. C'est pour te laisser libre de revenir en arrière. Te laisser libre d'aller jusqu'au bout de ce qui est regrettable. T'efforcer. Quitte à ce que ce soit un jour trop tard, quitte à ce que ça n'en vaille plus la peine. C'est étouffer chaque souvenir à ma chair, clore les regards en aveux, dénouer les mains en écriture. C'est la vérité nue. Aimant l'impossible.

mardi 20 décembre 2011

La part manquante.

T'écrire, c'est pour te rejoindre désormais, puisque la parole n'est plus possible. L'écriture, c'est encore et toujours pour continuer d'aimer quand le lien, lui, est définitivement rompu. Je contemple ton courage, ta force immense dans ce corps si mince, moribond, depuis bien trop longtemps déjà. Je contemple ton acharnement, ta volonté tenace de rester encore, avec nous. Et j'entends, l'insoutenable. Je le vois qui affleure sur tes lèvres, je le vois qui déferle, malgré moi, dans un regard. Et c'est le calme, après. C'est le vide également, mon ange. Je suis prête à l'endurer toutefois pour te savoir libre. Et je sais que tu trouveras un moyen de revenir si besoin, un chemin à te frayer jusqu'à moi.

vendredi 16 décembre 2011

Point de retour.

Il fallait revenir ici. Tôt ou tard rentrer chez soi. Déposer les armes de la colère à vos pieds. Se retrouver. Il a fallu s'endurcir, devenir autre. Porter sa croix comme une balle logée dans la poitrine. Prête à imploser. Il a fallu supporter. Le corps qui s'effondre tout à coup, le coeur qui vascille, l'esprit qui vous quitte lui aussi. Avec violence. Il a fallu vivre pourtant. Etranger à soi comme à l'autre désormais. Et pour toujours, mon amour, les sentiments comme des vagues. Comme des vagues, mon amour pour toujours en quête de rivages

vendredi 9 avril 2010

Bouche cousue.

J'écrivais quand je ne pouvais plus parler. Aujourd'hui il faut à nouveau se taire. Il n'y a plus de bouteille à la mer, plus personne à appeler. Quand je rentre souvent sous les draps je cherche une peau pour réchauffer la mienne. Une main pour soutenir mon coeur. J'enlève, j'enlève les épaisseurs jusqu'à ne trouver que mes doigts pour enserrer mes bras, ma taille, tout, tout le reste. Je me sens petite chose noyée dans un corps océan immense, malade. Les vagues ne me ramènent pas de message. Non. C'est fini. On a pris le large.

vendredi 30 janvier 2009

Lettre ouverte à mon autre.

Je suis déjà venue. Je sais que tu viens je ne tiens pas à ce que tu le saches. Non. On n'a qu'à dire que ça reste entre nous. Je suis déjà venue et j'ai longtemps attendu. J'étais là des heures, des heures à t'attendre. Juste pour te voir, à l'abri, sans être vue. Etrangère aux regards comme à moi-même. Je voulais juste savoir, lire sur ton visage, si tu étais malheureux, si tout allait bien. Il était avec moi. Il était avec moi tout le temps. Je crois qu'il m'a prise dans ses bras, je crois que je pleurais beaucoup. Devant lui, à ses côtés mais lui ça valait mieux que tout. Je n'écoutais pas, il y avait trop de bruit dans ma tête. Trop de manque dans mon corps, au creux du ventre. J'avais froid. Il faisait gris. Je me souviens de tout. Et la pluie à mes pieds, tout en bas. Comme j'ai attendu... j'ai cherché et trouvé. Longtemps. J'étais satisfaite de moi d'avoir su faire le chemin jusqu'à toi. Et j'étais minable. Il n'y avait rien à attendre et ma peau criait famine. Ecorce vide. Il m'a raccompagnée. A la fin, il faisait beau, il faisait lourd. Il m'a forcée à rentrer. Partir. Et moi, n'ayant plus honte de rien car n'ayant plus rien à perdre, je pleurais. Je pleurais devant les gens, dans la rue, dans le train qui me ramenait chez moi. Je quittais cet endroit, comme la terre où l'on a vu le jour. Je m'arrachais mon amour. Et j'ai cru crever là, sur place pour de bon. Et puis, je suis revenue.

lundi 19 janvier 2009

Insignifiante.

Sa douleur au creux du ventre. Quand le mal se déclare les bras toujours nous manquent. Elle devient petite chose. Sans remède, insignifiante. Vous n'avez pas besoin de moi, parle-t-elle par expérience. Quand les coups ont remplacé les mots, ses mensonges ont couvert les traces de son père. Ses épaules, ses os, ces bleus, ont pris sur eux ceux de sa mère. Sans jamais faire de vagues, sans jamais un remerciement. Elle aurait aussi bien pu disparaître à leurs yeux. Et elle l'a pu. Sans secours, sans geste tendre. Lente descente. De temps en temps, elle voulait juste qu'on prenne soin d'elle.

dimanche 18 janvier 2009

Dénudée.

Dénudée, mon coeur. Ca veut dire. Dénudé le corps. Le fil. Déshabillée enlevée l'écorce, écrire sur la peau écrire et recouvrir. Et recourir à vif, tous les moyens contre ce qui brûle. Enlever une à une, les épaisseurs. Et toucher alors, en plein. Dans le noir impossible. Sinon sentir dans un regard, sinon le lire sur les lèvres. Et l'électricité affleure, quand on se rapproche. Dénudée, imparfaite. Prête à toutes les coupures. Prête à tout te taire. Et tout garder même ce qui manque même ce qui ne le mérite pas même les petites choses.
Tout garder pour toi, dénudée.

vendredi 28 novembre 2008

Que reste-t-il mon amour?

Quelque chose me rattrape. Quelqu'un rarement. J'écris dans le noir. Cet air, c'est pour toi. Dans le noir, c'est toujours à toi que je pense. Quand je ferme les yeux ou quand je les garde grand ouverts sur la nuit. Cet air, quand je l'écoute c'est pour courir dans l'obscurité des rues froides. Cet air, c'est toujours l'hiver qu'il revient. Ou toujours quand il fait sombre, ou toujours quand quelque chose me rattrape. Alors moi, je l'écoute en boucle pour courir plus vite. Dans ma tête. Droit devant.

dimanche 26 octobre 2008

La corde sensible.

La musique vous envoûte, les paroles vous effondrent.
Et vous voudriez que quelqu'un arrête un peu de jouer.

jeudi 25 septembre 2008

La légèreté de l'être.

L'été s'est laissé emporter. Souvent la musique dans la poche, souvent la légèreté de l'être dans les bras, souvent suffisaient à rythmer mes pas. La profusion après le vide le creux après. Les vagues, et mon amour ramené du large. Souvent la musique, souvent la légèreté, encore suffiront à trouver le bon rythme, le battement de coeur, les pulsations. J'écrirai pour ceux qui s'attacheront, pour ne pas être emportés. Et toujours, la légèreté.

lundi 15 septembre 2008

Elle préfère quand c'est elle qui part.

Elle préfère. Ne pas voir. Elle préfère fermer les yeux. Ne pas entendre. Elle préfère qu'on lui murmure. Ne pas dire. Elle préfère les regards en aveux. Et les mots sur la peau, les mains en écriture. Elle préfère les vagues. Les tempêtes valent mieux que le calme plat. Les orages sont plus beaux que l'espace vide. Elle préfère effacer, rayer, de peur de toujours se souvenir. Elle préfère qu'on la regarde partir. Et un jour, plus tard, peut-être revenir. Elle préfère parfois qu'on continue à se tromper sur elle plutôt que ce soit trop facile. Elle préfère qu'on l'apprivoise.

dimanche 29 juin 2008

Interminable.

Vite, je rentre. Je défais, j'enlève. Je laisse les vêtements traîner par terre. Vite. Je ferme la porte. Je ferme les yeux. D'instinct, je cherche les mains sous les draps, comme un rempart. Vite, j'ai froid. Je serre les poings, je serre les bras autour de ma taille. Vite, j'ai l'impression. Vite, les vagues reviennent puis repartent. Je ferme la boîte qui renferme ce qui reste interminable. Ce qu'on ne peut pas jeter, ce qui revient toujours. Vite, je tourne la clé, je ferme. J'aimerais la lancer au fond de l'eau et la regarder lentement s'en aller. Mais j'ai déjà fermé les yeux.

lundi 23 juin 2008

Fil conducteur.

C'est un retour, c'est une fin. C'est un corps étranger qui se défait de tes mains. Sous les draps, dans le noir. Tu cherches. Elle se déshabille, elle maquille, on dévoile. On s'admire, se respire et s'apprivoise. Tu continues. On s'approche. C'est une déclaration, non, un silence. Tu soupires. Et plus rien. La chaleur, le parfum. Tu dénudes chaque fil qui t'a conduit jusque là. Tu dénoues, tu détaches, tu éteins. Et une fois nu enfin, tu changes de peau.

mardi 3 juin 2008

Les sentiments sont des vagues qui reculent.

lundi 14 avril 2008

Dis-moi quand tu m'aimes.

Je dis, tu dis, mais en fait rien. Tu agis, je m'agite et réplique, je répète mais on ne s'avance pas. Tu t'approches, tu recules, j'envie et dégringole. On recommence, j'en étais où déjà. Je ravale les mots doux, sous la couverture, les emmitoufle pour les protéger du froid. Je les garde au chaud pour un autre jour, un autre je sais pas.
Tu vois, non, je m'efforce Et j'espère et je serre ce qui fuit dans mes bras, c'est déjà pas mal. Tu t'éloignes ou bien moi, jeu de vagues. Qui recule, qui bascule, qui s'apprivoise. Quand reviendras?
Ce sont deux corps qui dansent étrangers pas tout à fait l'un à l'autre. Je ne fais pas le premier pas. En arrière je regarde, continue, continue ne t'arrête pas.
Du temps caresser mais ce n'est pas la même voix.

samedi 16 février 2008

Ces jours pour moi semblables aux nuits. Fermer les yeux et c'est le même cri. C'est une bête folle, âpre, qui dévore. Ma peau, sans retenue. Mon corps. J'ai l'impression d'être exposée. Insaisissable. Mon coeur Ta main pour l'étouffer, serrer très fort Contre toi pour l'épuiser, et l'endormir. Petite meurtrière. J'ai besoin de quelque chose de palpable.

mercredi 6 février 2008

JE à vendre.

Faire parler les autres
j'ai pensé vous laisser dire ici
quelque chose
à propos de moi
me donner une raison
de venir
m'attacher à vous.

Pour retrouver, peut-être
le goût
De l'écriture.

jeudi 31 janvier 2008

Maintenant qu'il fait tout à fait nuit sur toi.

Tu dors, fragile. Finalement je pourrais te dire, finalement le noir nous va bien. J'écris dans ma tête sous les draps, j'écris des dizaines de lettres. Si tu n'en reçois plus aucune, ne t'inquiète pas.
Je falsifie, je trompe. Sous la peau je maquille, c'est certainement mieux comme ça.

vendredi 18 janvier 2008

Dans tes cordes.

J'ai pensé qu'avoir trouvé quelqu'un, quelque chose qui me manquait, m'avait fait perdre l'écriture. En vérité, je n'ai rien trouvé et j'ai tout perdu. Les bouteilles à la mer, toutes ces conneries, il ne les a jamais reçues. A la dérive sur une petite planche, tu danses, voilà à quoi je pense. Tu danses, tu vascilles.

Les sentiments sont des vagues qui reculent.

vendredi 9 novembre 2007

Esprit rebelle ou Animal

Nouvel air. J'ai trouvé autre chose. Les petites coupures se sont celles que l'on se donne à soi. A trop se faire de mal, les autres pensent qu'ils peuvent nous en faire aussi, comme si c'était permis. J'ai dépoussiéré l'orgueil et je me suis dit. Les petites coupures, je les lèche comme font les chats. On peut bien me fermer les portes, mettre des barrières, je peux aller encore plus loin. Qu'on ne sache pas me retenir, je peux bien m'échapper et vous pourrez toujours courir. Entre animaux, on ne partage pas. Non merci, j'ai déjà donné.

jeudi 1 novembre 2007

Avis aux amateurs

Je cherche une autre musique. Il n'y a rien qui va, il y a pourtant tout ce qu'il faut. Je comprends que les gens veuillent partir. Je comprends que certains abandonnent. C'est une tâche bien laborieuse de vouloir sauver quelqu'un qui s'obstine à maintenir la tête sous l'eau. Moi-même, j'ai pensé l'achever plus d'une fois. Un peu de bonne volonté aurait suffi. Il fallait prévoir son coup. Je n'ai pas pu lui faire de mal. Il aurait fallu d'autres bras.
Il faudrait parfois, certains mots.

jeudi 18 octobre 2007

Le rôdeur

Il y a tellement de choses à dire. Mais comment les dire.
"Il faudrait pouvoir écrire avec du silence".
Je trouve des remèdes dans les images. Les phrases qui coulent dans les livres. Ma vie n'est pas si noire, vous savez. Pourtant, il y a toujours cette ombre derrière moi qui me suit, ou bien me guette. Ici, souvent, je ne laisse pas les mots crus. Ceux, durs, violents, ou autres qui me restent dans la tête. Souvent, les mots sont comme une petite musique. Entraînante, facile. Dans l'air. Mais sur le papier ou l'écran c'est autre chose. Souvent ces temps-ci je repense à ce jour, ces jours. Et je relis Nina Bouraoui... "est-ce qu'on est encore tout à fait vivant quand on failli mourir?" C'est la même impression quand quelqu'un me blesse. L'impression de quelque chose qui se brise, quelque chose de perdu.
Vous savez, il y a des jours comme ces jours où je pourrais revêtir cette ombre comme on met son manteau. Il y a des jours où les larmes deviennent trop faciles. Et autant d'indices laissés pour moi, pour me mettre en garde. Il y a quelque chose qui rôde.

vendredi 12 octobre 2007

On ne se parle plus

Dis-moi. J'ai construit un mur tout autour puisqu'il n'y avait personne pour me défendre. Pour arrêter les mots, devenus des coups. Derrière les remparts, la solitude n'est pas douce. Par amour, aux opposants j'ai promis. Pour laisser les autres s'approcher, je l'ai déconstruit. Le mur, une fois tombé, il m'est resté. Une distance infiniment petite, pour eux infranchissable [espace vide]. Quand la voix ne porte pas, on se tait. D'un autre côté, le silence est la seule réponse que je connais.

vendredi 5 octobre 2007

J'écris à l'absent.

Ce que je n'aime pas c'est quand la bouteille, jetée à la mer, revient vers moi. Si le papier n'est même pas froissé. Si aucun regard ne s'est posé. Sur la feuille, ce qui peut se dessiner entre les doigts. Si aucune main n'a touché. Alors, je ne vois plus de raisons. C'est laisser des mots pour que tu me rejoignes. Mais tu ne fais pas le chemin.

vendredi 28 septembre 2007

Quand il fait froid

[Edit]
Mon coeur. Je suis assise là, il fait presque noir maintenant. Je suis assise là et j'attends que quelqu'un réponde. J'attends mais je sais bien qu'il y a des silences comme ça, comme des traversées en solitaire. J'essaie de trouver une musique pour emplir la nuit. Une petite musique pour oublier qu'il n'y a personne. Je n'ai plus envie d'écrire parce que je crois que tu ne lis plus. C'est sûrement ma faute. Je crois que tu n'as pas vraiment su ce qu'il y avait derrière les mots. Ecrire, c'était une façon d'unir les silences comme font les paroles sourdes des caresses. Ecrire, c'était pour ne pas parler. C'était comme les murmures pour qu'on lise sur les lèvres.

mardi 18 septembre 2007

Par intermittence

J'aurais voulu tenir plus longtemps. Je ne me sentais pas capable de revenir. J'ai écrit un jour pour dire je t'aime. Depuis j'écrivais pour oublier qu'il n'y avait pas d'amour. Et puis, je suis passée à autre chose.

J'ai essayé de trouver d'autres sujets à épuiser. Une raison. Il paraît que les rires ce sont les larmes qui se consolent toutes seules. J'ai essayé de faire de cet amour, un bien précieux. J'ai mis un ruban de silence autour pour le protéger du temps qui passe. Je l'ai gardé au chaud dans mes poches, sous le coude.

Je ne vous raconte pas le quotidien alors maintenant, j'ai décidé de jouer cartes sur table. J'ai 21 ans mais je me trouve de plus en plus petite. Le matin, je dis que je bois du thé mais en fait c'est pour cacher que je me suis remise aux chocapic. Je mange souvent assise en tailleur dans le canapé en regardant les clips de M6 ou Télématin. J'aime bien faire le clown, ça évite de faire tout un tas d'autres choses. Je dessine des soleils quand je laisse un petit mot sur la table de la cuisine. J'ai des difficultés de concentration mais j'ai beau regarder mes vieux bulletins, je ne trouve pas noté "rêveuse". Je trouve "délicate et subtile" à plusieurs reprises, je trouve que je ne suis pas si fragile. Je cherche l'approbation des gens, la douceur, une façon d'être rassurée pour toutes ces années où il n'y avait personne pour prendre soin de moi. Une façon de faire un peu l'enfant. Même si la vérité ne sort pas forcément de ma bouche.

vendredi 7 septembre 2007

Evidence

C'est la rentrée et moi, je m'en vais. Voilà, ceux qui me connaissent vont se dire que ça recommence. Comme l'an dernier quand j'avais tout effacé. Comme toutes ces fois où les mots ne venaient plus. Mais non. J'ai l'impression qu'il n'y a plus personne, qui vient ici. Je trouve que c'est trop sombre et que le quotidien, ces temps-ci, est trop rempli. Je n'abandonne pas les lieux, j'espère que vous n'oublierez pas de vous y arrêter, un jour. En passant.

jeudi 30 août 2007

Et puis merde

Bon d'accord, je suis une menteuse.

Je fais tout ce que je peux pour ne pas que les gens découvrent. Pour que ce ne soit pas facile. Bon d'accord je ne suis pas les règles, je prends ça pour un jeu. Je ne dis pas tout mais je vous laisse des indices. Bon d'accord vous pouvez m'en vouloir. Vous pouvez ne plus me prendre au sérieux. Bon d'accord avec moi la vie prend parfois des airs de tragédie. Et les rires, des pirouettes de plus pour déguiser. Bon d'accord ça vous fatigue souvent ça m'empêche de trouver le sommeil. Et finalement je ne sais plus très bien où est la vérité, ce qu'il faut croire et qui. Bon d'accord à force, c'est moi qui ai appris à me méfier. Et si je prends des airs de défi c'est que j'ai besoin de preuves pour continuer.

dimanche 19 août 2007

Dans un petit carnet rouge, il y a les souvenirs les blessures d'alors déposées sur le papier comme inscrites dans le corps.

Je suis sur le point de trouver un trésor. Pour y parvenir, il faut faire du désert l'air froid que l'on respire. Le silence, un sang d'encre qui coule sous la peau jusqu'à se salir les mains. Il faut apprivoiser la voix, sans lui tordre le cou. C'est comme une épreuve que l'on se donne. Endurer la patience comme un manteau de pluie. Laisser lentement fondre l'espoir, petit morceau de pain rassis qui vous tourne dans la bouche, comme un enfant savoure un bonbon. Retrouver le goût. De la douceur.

jeudi 16 août 2007

Après tout

Je voyais mon petit monde s'effondrer. Les gens se lassaient d'étancher la peine. On brasse toujours les mêmes mots dans ces cas-là. J'étais comme ceux, immobiles, devant la vague qui s'apprête à les avaler. Je ne serrais même pas les poings. Pas besoin de se défendre contre ça. Il suffisait de laisser couler.

Alors. J'essayais d'arrêter les mots avec ma peau. Doux ou amers, au fond j'embrassais les mêmes lèvres. Au fond, c'était toujours toi contre moi.