Lettre ouverte à mon autre.
Je suis déjà venue. Je sais que tu viens je ne tiens pas à ce que tu le saches. Non. On n'a qu'à dire que ça reste entre nous. Je suis déjà venue et j'ai longtemps attendu. J'étais là des heures, des heures à t'attendre. Juste pour te voir, à l'abri, sans être vue. Etrangère aux regards comme à moi-même. Je voulais juste savoir, lire sur ton visage, si tu étais malheureux, si tout allait bien. Il était avec moi. Il était avec moi tout le temps. Je crois qu'il m'a prise dans ses bras, je crois que je pleurais beaucoup. Devant lui, à ses côtés mais lui ça valait mieux que tout. Je n'écoutais pas, il y avait trop de bruit dans ma tête. Trop de manque dans mon corps, au creux du ventre. J'avais froid. Il faisait gris. Je me souviens de tout. Et la pluie à mes pieds, tout en bas. Comme j'ai attendu... j'ai cherché et trouvé. Longtemps. J'étais satisfaite de moi d'avoir su faire le chemin jusqu'à toi. Et j'étais minable. Il n'y avait rien à attendre et ma peau criait famine. Ecorce vide. Il m'a raccompagnée. A la fin, il faisait beau, il faisait lourd. Il m'a forcée à rentrer. Partir. Et moi, n'ayant plus honte de rien car n'ayant plus rien à perdre, je pleurais. Je pleurais devant les gens, dans la rue, dans le train qui me ramenait chez moi. Je quittais cet endroit, comme la terre où l'on a vu le jour. Je m'arrachais mon amour. Et j'ai cru crever là, sur place pour de bon. Et puis, je suis revenue.
lundi 19 janvier 2009
Insignifiante.
Sa douleur au creux du ventre. Quand le mal se déclare les bras toujours nous manquent. Elle devient petite chose. Sans remède, insignifiante. Vous n'avez pas besoin de moi, parle-t-elle par expérience. Quand les coups ont remplacé les mots, ses mensonges ont couvert les traces de son père. Ses épaules, ses os, ces bleus, ont pris sur eux ceux de sa mère. Sans jamais faire de vagues, sans jamais un remerciement. Elle aurait aussi bien pu disparaître à leurs yeux. Et elle l'a pu. Sans secours, sans geste tendre. Lente descente. De temps en temps, elle voulait juste qu'on prenne soin d'elle.
dimanche 18 janvier 2009
Dénudée.
Dénudée, mon coeur. Ca veut dire. Dénudé le corps. Le fil. Déshabillée enlevée l'écorce, écrire sur la peau écrire et recouvrir. Et recourir à vif, tous les moyens contre ce qui brûle. Enlever une à une, les épaisseurs. Et toucher alors, en plein. Dans le noir impossible. Sinon sentir dans un regard, sinon le lire sur les lèvres. Et l'électricité affleure, quand on se rapproche. Dénudée, imparfaite. Prête à toutes les coupures. Prête à tout te taire. Et tout garder même ce qui manque même ce qui ne le mérite pas même les petites choses.
Tout garder pour toi, dénudée.
Tout garder pour toi, dénudée.
vendredi 28 novembre 2008
Que reste-t-il mon amour?
Quelque chose me rattrape. Quelqu'un rarement. J'écris dans le noir. Cet air, c'est pour toi. Dans le noir, c'est toujours à toi que je pense. Quand je ferme les yeux ou quand je les garde grand ouverts sur la nuit. Cet air, quand je l'écoute c'est pour courir dans l'obscurité des rues froides. Cet air, c'est toujours l'hiver qu'il revient. Ou toujours quand il fait sombre, ou toujours quand quelque chose me rattrape. Alors moi, je l'écoute en boucle pour courir plus vite. Dans ma tête. Droit devant.
dimanche 26 octobre 2008
La corde sensible.
La musique vous envoûte, les paroles vous effondrent.
Et vous voudriez que quelqu'un arrête un peu de jouer.
Et vous voudriez que quelqu'un arrête un peu de jouer.
jeudi 25 septembre 2008
La légèreté de l'être.
L'été s'est laissé emporter. Souvent la musique dans la poche, souvent la légèreté de l'être dans les bras, souvent suffisaient à rythmer mes pas. La profusion après le vide le creux après. Les vagues, et mon amour ramené du large. Souvent la musique, souvent la légèreté, encore suffiront à trouver le bon rythme, le battement de coeur, les pulsations. J'écrirai pour ceux qui s'attacheront, pour ne pas être emportés. Et toujours, la légèreté.
lundi 15 septembre 2008
Elle préfère quand c'est elle qui part.
Elle préfère. Ne pas voir. Elle préfère fermer les yeux. Ne pas entendre. Elle préfère qu'on lui murmure. Ne pas dire. Elle préfère les regards en aveux. Et les mots sur la peau, les mains en écriture. Elle préfère les vagues. Les tempêtes valent mieux que le calme plat. Les orages sont plus beaux que l'espace vide. Elle préfère effacer, rayer, de peur de toujours se souvenir. Elle préfère qu'on la regarde partir. Et un jour, plus tard, peut-être revenir. Elle préfère parfois qu'on continue à se tromper sur elle plutôt que ce soit trop facile. Elle préfère qu'on l'apprivoise.
dimanche 29 juin 2008
Interminable.
Vite, je rentre. Je défais, j'enlève. Je laisse les vêtements traîner par terre. Vite. Je ferme la porte. Je ferme les yeux. D'instinct, je cherche les mains sous les draps, comme un rempart. Vite, j'ai froid. Je serre les poings, je serre les bras autour de ma taille. Vite, j'ai l'impression. Vite, les vagues reviennent puis repartent. Je ferme la boîte qui renferme ce qui reste interminable. Ce qu'on ne peut pas jeter, ce qui revient toujours. Vite, je tourne la clé, je ferme. J'aimerais la lancer au fond de l'eau et la regarder lentement s'en aller. Mais j'ai déjà fermé les yeux.
lundi 23 juin 2008
Fil conducteur.
C'est un retour, c'est une fin. C'est un corps étranger qui se défait de tes mains. Sous les draps, dans le noir. Tu cherches. Elle se déshabille, elle maquille, on dévoile. On s'admire, se respire et s'apprivoise. Tu continues. On s'approche. C'est une déclaration, non, un silence. Tu soupires. Et plus rien. La chaleur, le parfum. Tu dénudes chaque fil qui t'a conduit jusque là. Tu dénoues, tu détaches, tu éteins. Et une fois nu enfin, tu changes de peau.
mardi 3 juin 2008
Les sentiments sont des vagues qui reculent.
lundi 14 avril 2008
Dis-moi quand tu m'aimes.
Je dis, tu dis, mais en fait rien. Tu agis, je m'agite et réplique, je répète mais on ne s'avance pas. Tu t'approches, tu recules, j'envie et dégringole. On recommence, j'en étais où déjà. Je ravale les mots doux, sous la couverture, les emmitoufle pour les protéger du froid. Je les garde au chaud pour un autre jour, un autre je sais pas.
Tu vois, non, je m'efforce Et j'espère et je serre ce qui fuit dans mes bras, c'est déjà pas mal. Tu t'éloignes ou bien moi, jeu de vagues. Qui recule, qui bascule, qui s'apprivoise. Quand reviendras?
Ce sont deux corps qui dansent étrangers pas tout à fait l'un à l'autre. Je ne fais pas le premier pas. En arrière je regarde, continue, continue ne t'arrête pas.
Du temps caresser mais ce n'est pas la même voix.
Tu vois, non, je m'efforce Et j'espère et je serre ce qui fuit dans mes bras, c'est déjà pas mal. Tu t'éloignes ou bien moi, jeu de vagues. Qui recule, qui bascule, qui s'apprivoise. Quand reviendras?
Ce sont deux corps qui dansent étrangers pas tout à fait l'un à l'autre. Je ne fais pas le premier pas. En arrière je regarde, continue, continue ne t'arrête pas.
Du temps caresser mais ce n'est pas la même voix.
samedi 16 février 2008
Ces jours pour moi semblables aux nuits. Fermer les yeux et c'est le même cri. C'est une bête folle, âpre, qui dévore. Ma peau, sans retenue. Mon corps. J'ai l'impression d'être exposée. Insaisissable. Mon coeur Ta main pour l'étouffer, serrer très fort Contre toi pour l'épuiser, et l'endormir. Petite meurtrière. J'ai besoin de quelque chose de palpable.
mercredi 6 février 2008
JE à vendre.
Faire parler les autres
j'ai pensé vous laisser dire ici
quelque chose
à propos de moi
me donner une raison
de venir
m'attacher à vous.
Pour retrouver, peut-être
le goût
De l'écriture.
j'ai pensé vous laisser dire ici
quelque chose
à propos de moi
me donner une raison
de venir
m'attacher à vous.
Pour retrouver, peut-être
le goût
De l'écriture.
jeudi 31 janvier 2008
Maintenant qu'il fait tout à fait nuit sur toi.
Tu dors, fragile. Finalement je pourrais te dire, finalement le noir nous va bien. J'écris dans ma tête sous les draps, j'écris des dizaines de lettres. Si tu n'en reçois plus aucune, ne t'inquiète pas.
Je falsifie, je trompe. Sous la peau je maquille, c'est certainement mieux comme ça.
Je falsifie, je trompe. Sous la peau je maquille, c'est certainement mieux comme ça.
vendredi 18 janvier 2008
Dans tes cordes.
J'ai pensé qu'avoir trouvé quelqu'un, quelque chose qui me manquait, m'avait fait perdre l'écriture. En vérité, je n'ai rien trouvé et j'ai tout perdu. Les bouteilles à la mer, toutes ces conneries, il ne les a jamais reçues. A la dérive sur une petite planche, tu danses, voilà à quoi je pense. Tu danses, tu vascilles.
Les sentiments sont des vagues qui reculent.
Les sentiments sont des vagues qui reculent.
vendredi 9 novembre 2007
Esprit rebelle ou Animal
Nouvel air. J'ai trouvé autre chose. Les petites coupures se sont celles que l'on se donne à soi. A trop se faire de mal, les autres pensent qu'ils peuvent nous en faire aussi, comme si c'était permis. J'ai dépoussiéré l'orgueil et je me suis dit. Les petites coupures, je les lèche comme font les chats. On peut bien me fermer les portes, mettre des barrières, je peux aller encore plus loin. Qu'on ne sache pas me retenir, je peux bien m'échapper et vous pourrez toujours courir. Entre animaux, on ne partage pas. Non merci, j'ai déjà donné.
jeudi 1 novembre 2007
Avis aux amateurs
Je cherche une autre musique. Il n'y a rien qui va, il y a pourtant tout ce qu'il faut. Je comprends que les gens veuillent partir. Je comprends que certains abandonnent. C'est une tâche bien laborieuse de vouloir sauver quelqu'un qui s'obstine à maintenir la tête sous l'eau. Moi-même, j'ai pensé l'achever plus d'une fois. Un peu de bonne volonté aurait suffi. Il fallait prévoir son coup. Je n'ai pas pu lui faire de mal. Il aurait fallu d'autres bras.
Il faudrait parfois, certains mots.
Il faudrait parfois, certains mots.
jeudi 18 octobre 2007
Le rôdeur
Il y a tellement de choses à dire. Mais comment les dire.
"Il faudrait pouvoir écrire avec du silence".
Je trouve des remèdes dans les images. Les phrases qui coulent dans les livres. Ma vie n'est pas si noire, vous savez. Pourtant, il y a toujours cette ombre derrière moi qui me suit, ou bien me guette. Ici, souvent, je ne laisse pas les mots crus. Ceux, durs, violents, ou autres qui me restent dans la tête. Souvent, les mots sont comme une petite musique. Entraînante, facile. Dans l'air. Mais sur le papier ou l'écran c'est autre chose. Souvent ces temps-ci je repense à ce jour, ces jours. Et je relis Nina Bouraoui... "est-ce qu'on est encore tout à fait vivant quand on failli mourir?" C'est la même impression quand quelqu'un me blesse. L'impression de quelque chose qui se brise, quelque chose de perdu.
Vous savez, il y a des jours comme ces jours où je pourrais revêtir cette ombre comme on met son manteau. Il y a des jours où les larmes deviennent trop faciles. Et autant d'indices laissés pour moi, pour me mettre en garde. Il y a quelque chose qui rôde.
"Il faudrait pouvoir écrire avec du silence".
Je trouve des remèdes dans les images. Les phrases qui coulent dans les livres. Ma vie n'est pas si noire, vous savez. Pourtant, il y a toujours cette ombre derrière moi qui me suit, ou bien me guette. Ici, souvent, je ne laisse pas les mots crus. Ceux, durs, violents, ou autres qui me restent dans la tête. Souvent, les mots sont comme une petite musique. Entraînante, facile. Dans l'air. Mais sur le papier ou l'écran c'est autre chose. Souvent ces temps-ci je repense à ce jour, ces jours. Et je relis Nina Bouraoui... "est-ce qu'on est encore tout à fait vivant quand on failli mourir?" C'est la même impression quand quelqu'un me blesse. L'impression de quelque chose qui se brise, quelque chose de perdu.
Vous savez, il y a des jours comme ces jours où je pourrais revêtir cette ombre comme on met son manteau. Il y a des jours où les larmes deviennent trop faciles. Et autant d'indices laissés pour moi, pour me mettre en garde. Il y a quelque chose qui rôde.
vendredi 12 octobre 2007
On ne se parle plus
Dis-moi. J'ai construit un mur tout autour puisqu'il n'y avait personne pour me défendre. Pour arrêter les mots, devenus des coups. Derrière les remparts, la solitude n'est pas douce. Par amour, aux opposants j'ai promis. Pour laisser les autres s'approcher, je l'ai déconstruit. Le mur, une fois tombé, il m'est resté. Une distance infiniment petite, pour eux infranchissable [espace vide]. Quand la voix ne porte pas, on se tait. D'un autre côté, le silence est la seule réponse que je connais.
vendredi 5 octobre 2007
J'écris à l'absent.
Ce que je n'aime pas c'est quand la bouteille, jetée à la mer, revient vers moi. Si le papier n'est même pas froissé. Si aucun regard ne s'est posé. Sur la feuille, ce qui peut se dessiner entre les doigts. Si aucune main n'a touché. Alors, je ne vois plus de raisons. C'est laisser des mots pour que tu me rejoignes. Mais tu ne fais pas le chemin.
Ce que je n'aime pas c'est quand la bouteille, jetée à la mer, revient vers moi. Si le papier n'est même pas froissé. Si aucun regard ne s'est posé. Sur la feuille, ce qui peut se dessiner entre les doigts. Si aucune main n'a touché. Alors, je ne vois plus de raisons. C'est laisser des mots pour que tu me rejoignes. Mais tu ne fais pas le chemin.
vendredi 28 septembre 2007
Quand il fait froid
[Edit]
Mon coeur. Je suis assise là, il fait presque noir maintenant. Je suis assise là et j'attends que quelqu'un réponde. J'attends mais je sais bien qu'il y a des silences comme ça, comme des traversées en solitaire. J'essaie de trouver une musique pour emplir la nuit. Une petite musique pour oublier qu'il n'y a personne. Je n'ai plus envie d'écrire parce que je crois que tu ne lis plus. C'est sûrement ma faute. Je crois que tu n'as pas vraiment su ce qu'il y avait derrière les mots. Ecrire, c'était une façon d'unir les silences comme font les paroles sourdes des caresses. Ecrire, c'était pour ne pas parler. C'était comme les murmures pour qu'on lise sur les lèvres.
Mon coeur. Je suis assise là, il fait presque noir maintenant. Je suis assise là et j'attends que quelqu'un réponde. J'attends mais je sais bien qu'il y a des silences comme ça, comme des traversées en solitaire. J'essaie de trouver une musique pour emplir la nuit. Une petite musique pour oublier qu'il n'y a personne. Je n'ai plus envie d'écrire parce que je crois que tu ne lis plus. C'est sûrement ma faute. Je crois que tu n'as pas vraiment su ce qu'il y avait derrière les mots. Ecrire, c'était une façon d'unir les silences comme font les paroles sourdes des caresses. Ecrire, c'était pour ne pas parler. C'était comme les murmures pour qu'on lise sur les lèvres.
mardi 18 septembre 2007
Par intermittence
J'aurais voulu tenir plus longtemps. Je ne me sentais pas capable de revenir. J'ai écrit un jour pour dire je t'aime. Depuis j'écrivais pour oublier qu'il n'y avait pas d'amour. Et puis, je suis passée à autre chose.
J'ai essayé de trouver d'autres sujets à épuiser. Une raison. Il paraît que les rires ce sont les larmes qui se consolent toutes seules. J'ai essayé de faire de cet amour, un bien précieux. J'ai mis un ruban de silence autour pour le protéger du temps qui passe. Je l'ai gardé au chaud dans mes poches, sous le coude.
Je ne vous raconte pas le quotidien alors maintenant, j'ai décidé de jouer cartes sur table. J'ai 21 ans mais je me trouve de plus en plus petite. Le matin, je dis que je bois du thé mais en fait c'est pour cacher que je me suis remise aux chocapic. Je mange souvent assise en tailleur dans le canapé en regardant les clips de M6 ou Télématin. J'aime bien faire le clown, ça évite de faire tout un tas d'autres choses. Je dessine des soleils quand je laisse un petit mot sur la table de la cuisine. J'ai des difficultés de concentration mais j'ai beau regarder mes vieux bulletins, je ne trouve pas noté "rêveuse". Je trouve "délicate et subtile" à plusieurs reprises, je trouve que je ne suis pas si fragile. Je cherche l'approbation des gens, la douceur, une façon d'être rassurée pour toutes ces années où il n'y avait personne pour prendre soin de moi. Une façon de faire un peu l'enfant. Même si la vérité ne sort pas forcément de ma bouche.
J'ai essayé de trouver d'autres sujets à épuiser. Une raison. Il paraît que les rires ce sont les larmes qui se consolent toutes seules. J'ai essayé de faire de cet amour, un bien précieux. J'ai mis un ruban de silence autour pour le protéger du temps qui passe. Je l'ai gardé au chaud dans mes poches, sous le coude.
Je ne vous raconte pas le quotidien alors maintenant, j'ai décidé de jouer cartes sur table. J'ai 21 ans mais je me trouve de plus en plus petite. Le matin, je dis que je bois du thé mais en fait c'est pour cacher que je me suis remise aux chocapic. Je mange souvent assise en tailleur dans le canapé en regardant les clips de M6 ou Télématin. J'aime bien faire le clown, ça évite de faire tout un tas d'autres choses. Je dessine des soleils quand je laisse un petit mot sur la table de la cuisine. J'ai des difficultés de concentration mais j'ai beau regarder mes vieux bulletins, je ne trouve pas noté "rêveuse". Je trouve "délicate et subtile" à plusieurs reprises, je trouve que je ne suis pas si fragile. Je cherche l'approbation des gens, la douceur, une façon d'être rassurée pour toutes ces années où il n'y avait personne pour prendre soin de moi. Une façon de faire un peu l'enfant. Même si la vérité ne sort pas forcément de ma bouche.
vendredi 7 septembre 2007
Evidence
C'est la rentrée et moi, je m'en vais. Voilà, ceux qui me connaissent vont se dire que ça recommence. Comme l'an dernier quand j'avais tout effacé. Comme toutes ces fois où les mots ne venaient plus. Mais non. J'ai l'impression qu'il n'y a plus personne, qui vient ici. Je trouve que c'est trop sombre et que le quotidien, ces temps-ci, est trop rempli. Je n'abandonne pas les lieux, j'espère que vous n'oublierez pas de vous y arrêter, un jour. En passant.
jeudi 30 août 2007
Et puis merde
Bon d'accord, je suis une menteuse.
Je fais tout ce que je peux pour ne pas que les gens découvrent. Pour que ce ne soit pas facile. Bon d'accord je ne suis pas les règles, je prends ça pour un jeu. Je ne dis pas tout mais je vous laisse des indices. Bon d'accord vous pouvez m'en vouloir. Vous pouvez ne plus me prendre au sérieux. Bon d'accord avec moi la vie prend parfois des airs de tragédie. Et les rires, des pirouettes de plus pour déguiser. Bon d'accord ça vous fatigue souvent ça m'empêche de trouver le sommeil. Et finalement je ne sais plus très bien où est la vérité, ce qu'il faut croire et qui. Bon d'accord à force, c'est moi qui ai appris à me méfier. Et si je prends des airs de défi c'est que j'ai besoin de preuves pour continuer.
Je fais tout ce que je peux pour ne pas que les gens découvrent. Pour que ce ne soit pas facile. Bon d'accord je ne suis pas les règles, je prends ça pour un jeu. Je ne dis pas tout mais je vous laisse des indices. Bon d'accord vous pouvez m'en vouloir. Vous pouvez ne plus me prendre au sérieux. Bon d'accord avec moi la vie prend parfois des airs de tragédie. Et les rires, des pirouettes de plus pour déguiser. Bon d'accord ça vous fatigue souvent ça m'empêche de trouver le sommeil. Et finalement je ne sais plus très bien où est la vérité, ce qu'il faut croire et qui. Bon d'accord à force, c'est moi qui ai appris à me méfier. Et si je prends des airs de défi c'est que j'ai besoin de preuves pour continuer.
dimanche 19 août 2007
Dans un petit carnet rouge, il y a les souvenirs les blessures d'alors déposées sur le papier comme inscrites dans le corps.
Je suis sur le point de trouver un trésor. Pour y parvenir, il faut faire du désert l'air froid que l'on respire. Le silence, un sang d'encre qui coule sous la peau jusqu'à se salir les mains. Il faut apprivoiser la voix, sans lui tordre le cou. C'est comme une épreuve que l'on se donne. Endurer la patience comme un manteau de pluie. Laisser lentement fondre l'espoir, petit morceau de pain rassis qui vous tourne dans la bouche, comme un enfant savoure un bonbon. Retrouver le goût. De la douceur.
Je suis sur le point de trouver un trésor. Pour y parvenir, il faut faire du désert l'air froid que l'on respire. Le silence, un sang d'encre qui coule sous la peau jusqu'à se salir les mains. Il faut apprivoiser la voix, sans lui tordre le cou. C'est comme une épreuve que l'on se donne. Endurer la patience comme un manteau de pluie. Laisser lentement fondre l'espoir, petit morceau de pain rassis qui vous tourne dans la bouche, comme un enfant savoure un bonbon. Retrouver le goût. De la douceur.
jeudi 16 août 2007
Après tout
Je voyais mon petit monde s'effondrer. Les gens se lassaient d'étancher la peine. On brasse toujours les mêmes mots dans ces cas-là. J'étais comme ceux, immobiles, devant la vague qui s'apprête à les avaler. Je ne serrais même pas les poings. Pas besoin de se défendre contre ça. Il suffisait de laisser couler.
Alors. J'essayais d'arrêter les mots avec ma peau. Doux ou amers, au fond j'embrassais les mêmes lèvres. Au fond, c'était toujours toi contre moi.
Alors. J'essayais d'arrêter les mots avec ma peau. Doux ou amers, au fond j'embrassais les mêmes lèvres. Au fond, c'était toujours toi contre moi.
dimanche 29 juillet 2007
Je me suis réveillée au milieu de la nuit. Je suis partie longtemps il n'a rien senti. On devrait sentir quand les gens s'éloignent. Avec les yeux la peau le corps même tout entier on devrait savoir. Que quelque chose lentement s'efface.
Je me suis réveillée au milieu de la nuit. Les mots de la journée gentiment avalés ont commencé à me dégoûter. J'avais mal au coeur. Je suis partie.
Longtemps.
Je me suis réveillée au milieu de la nuit. Les mots de la journée gentiment avalés ont commencé à me dégoûter. J'avais mal au coeur. Je suis partie.
Longtemps.
vendredi 20 juillet 2007
A ceux
Ce que je n'arrivais pas à te dire, j'ai voulu l'écrire, que la douceur sorte de l'encre sombre, mais je n'ai pas réussi. J'ai voulu demander, mais j'avais bien trop peur de savoir. Les gens employaient de grands mots. J'ai compris que je pouvais être loin quand ils me serraient dans leurs bras. J'ai senti que jamais, jamais quelqu'un ne dirait ce qu'il faut. Qu'il faudrait pour cela me tenir avec mes propres armes. Me forcer à regarder droit dans les yeux, exprimer, cracher le morceau. Il faudrait me convaincre. Répéter inlassablement comme un petit air soufflé à mon oreille, dans le noir. C'était en souhaiter beaucoup trop.
J'ai voulu des preuves. De peur de ne jamais les obtenir, je les ai écouté. J'ai décidé de vous quitter.
J'ai voulu des preuves. De peur de ne jamais les obtenir, je les ai écouté. J'ai décidé de vous quitter.
dimanche 15 juillet 2007
[J'ai essayé] - Lettre ouverte à celui qui dort
déposée au fond d'une petite boîte en fer.
J'étais avec lui. La petite flamme ne dansait plus au fond du verre. La mèche allait se consumer jusqu'au bout. J'ai rêvé d'aller voir la mer. J'ai rêvé que je marchais sur le sable. J'ai rêvé qu'ils m'aimaient comme toi tu savais le faire. J'ai rêvé que l'abandon ne me faisait plus peur. J'ai rêvé silence et solitude mais tous deux n'étaient plus pour se défendre. Mais tous deux n'étaient plus pour moi une façon d'être à l'intérieur. J'ai rêvé que la nuit était douce. J'ai rêvé qu'après avoir tué l'espoir dans ma main je pouvais le voir se dessiner sur les lèvres j'ai rêvé que je savais lire dans les yeux. J'ai rêvé que les gens écoutent. J'ai rêvé qu'on s'approche. Que quelqu'un me fasse parler tout doucement j'ai rêvé j'ai essayé
déposée au fond d'une petite boîte en fer.
J'étais avec lui. La petite flamme ne dansait plus au fond du verre. La mèche allait se consumer jusqu'au bout. J'ai rêvé d'aller voir la mer. J'ai rêvé que je marchais sur le sable. J'ai rêvé qu'ils m'aimaient comme toi tu savais le faire. J'ai rêvé que l'abandon ne me faisait plus peur. J'ai rêvé silence et solitude mais tous deux n'étaient plus pour se défendre. Mais tous deux n'étaient plus pour moi une façon d'être à l'intérieur. J'ai rêvé que la nuit était douce. J'ai rêvé qu'après avoir tué l'espoir dans ma main je pouvais le voir se dessiner sur les lèvres j'ai rêvé que je savais lire dans les yeux. J'ai rêvé que les gens écoutent. J'ai rêvé qu'on s'approche. Que quelqu'un me fasse parler tout doucement j'ai rêvé j'ai essayé
jeudi 28 juin 2007
Contre-jour
J'ai pensé laisser une lettre j'ai pensé que ce n'était plus de mon âge j'ai pensé tout dire au risque de tout perdre j'ai préféré me taire c'est plus prudent j'ai pensé quitter les gens avant qu'ils n'y pensent eux-mêmes j'ai pensé qu'on ne voyait jamais la distance au fond de mes yeux s'insinuer le silence j'ai pensé que s'attacher c'est être vulnérable j'ai pensé que j'étais bien trop fragile qu'il fallait le cacher toujours j'ai pensé qu'il suffirait d'autres bras pour me tenir debout j'ai pensé qui pourrait deviner à travers ce petit je à quel point on tremble j'ai pensé pouvoir me pendre à leur cou j'ai pensé mon amour est bien trop rare j'ai pensé qui peut bien vouloir me retenir après tout s'éloigner j'ai pensé sans y croire. Et la nuit noire.
lundi 18 juin 2007
Petite passagère
Loi du silence, il faudrait rompre avec
les habitudes il faudrait qu'on échange
ma peau
selon le temps qu'il fait
à l'intérieur et au-dessous
au fond tu vois bien
mes yeux
trahissent la couleur, un jour
un naufrage, mon coeur
pourquoi j'ai si peur, pourquoi ça me fait pleurer, pourquoi je ne crois plus, pourquoi j'arrive pas à le dire
les habitudes il faudrait qu'on échange
ma peau
selon le temps qu'il fait
à l'intérieur et au-dessous
au fond tu vois bien
mes yeux
trahissent la couleur, un jour
un naufrage, mon coeur
pourquoi j'ai si peur, pourquoi ça me fait pleurer, pourquoi je ne crois plus, pourquoi j'arrive pas à le dire
samedi 9 juin 2007
Il faudrait pouvoir arrondir les angles.
L'introuvable dans le noir, c'est autre chose. Une main qui me retient me ramène au passé mais ce n'est plus regarder derrière soi. Droit devant sans plus se retourner. Il faudrait pouvoir fermer les yeux sur toi. Avancer en aveugle pour toucher quelqu'un d'autre, c'est déjà quelque chose.
L'introuvable dans le noir, c'est autre chose. Une main qui me retient me ramène au passé mais ce n'est plus regarder derrière soi. Droit devant sans plus se retourner. Il faudrait pouvoir fermer les yeux sur toi. Avancer en aveugle pour toucher quelqu'un d'autre, c'est déjà quelque chose.
samedi 2 juin 2007
Il y a les mots qu'on vous fredonne au creux de l'oreille, il y a ceux qu'on vous envoie qui sont mille fois plus beaux seulement ce n'est pas la même voix. Il y a toujours cette petite douleur derrière les côtes juste là mon coeur c'est un peu léger, tu vois. Il y a la distance entre si je détourne le regard. Il y aura toujours les souvenirs si je prends la fuite, si je m'enferme à l'intérieur de peur que. Il y aura toujours la petite bouteille à la mer qui me revient avec les vagues, le danger d'y laisser sa peau c'est juste une question d'équilibre ce qui laisse des marques. Il y aura toujours un sourire sur tes lèvres quand j'essaie d'effacer ton visage.
dimanche 27 mai 2007
Tu rêves. Prisonnier d'images fixes, réglées comme du papier à musique, où tout se répète. Ne fais pas de voeu, en fermant les yeux. S'il te souffle dessus... c'est d'un autre temps.
Sabordage [non] Maintenant tu la fermes.
Tu plonges dans leurs mots, pour noyer les tiens dans les vers des autres. N'y pense plus. Tu égratignes l'impatience que t'as dans la peau. Laisser couler je sais pas sous le pont entre nous quelque chose.
Après l'orage aimer juste l'odeur que la pluie a laissée.
Tu plonges dans leurs mots, pour noyer les tiens dans les vers des autres. N'y pense plus. Tu égratignes l'impatience que t'as dans la peau. Laisser couler je sais pas sous le pont entre nous quelque chose.
Après l'orage aimer juste l'odeur que la pluie a laissée.
mercredi 16 mai 2007
Et alors, il est rentré.
Si j'ai envie d'écrire maintenant je ne sais plus à qui m'adresser. Je recommence à avoir froid, souvent.
Si j'ai envie d'écrire maintenant je ne sais plus à qui m'adresser. Je recommence à avoir froid, souvent.
samedi 12 mai 2007
Le silence est une habitude, mais le tien me glace.
Est-ce que quelqu'un passe encore ici. Déchirer les mots comme les feuilles de papier, frôler l'histoire. Aujourd'hui, ne pas savoir quand il faudrait dire la vérité.
Est-ce que quelqu'un passe encore ici. Déchirer les mots comme les feuilles de papier, frôler l'histoire. Aujourd'hui, ne pas savoir quand il faudrait dire la vérité.
mardi 8 mai 2007
Sept jours pour une éternité
j'ai l'impression de ne pas savoir avancer ou alors, c'est que tout va trop vite. Toute l'année, toutes les idées, tout. Je lis des pages et des pages qui décidément, ne font que me traverser l'esprit. J'ai l'impression de ne pas être vraiment là. J'ai l'impression d'être à l'intérieur, ou au-dessus. Et regarder tout ce petit monde. Tourne tourne, ...
Il y a ceux qui manquaient, qui reviennent tous. Les choses qui changent. Toutes les choses, même le temps se laisse emporter. Profusion confusion inversée, je ne sais pas si c'est pour moi. Vous qui revenez, qui n'étiez pas si loin, vous me répétez à retenir pour finir
[ne pas préméditer]
j'ai l'impression de ne pas savoir avancer ou alors, c'est que tout va trop vite. Toute l'année, toutes les idées, tout. Je lis des pages et des pages qui décidément, ne font que me traverser l'esprit. J'ai l'impression de ne pas être vraiment là. J'ai l'impression d'être à l'intérieur, ou au-dessus. Et regarder tout ce petit monde. Tourne tourne, ...
Il y a ceux qui manquaient, qui reviennent tous. Les choses qui changent. Toutes les choses, même le temps se laisse emporter. Profusion confusion inversée, je ne sais pas si c'est pour moi. Vous qui revenez, qui n'étiez pas si loin, vous me répétez à retenir pour finir
[ne pas préméditer]
mardi 1 mai 2007
[non] De l'impossibilité d'écrire - Contrepoison
Un petit air enivrant
lancinant, ce soir juste pouvoir
Sauver ma peau
c'est fragile quand on souffle dessus
que quelqu'un me dise
le chaud et le froid
que quelqu'un fasse les gestes à ma place
qu'on parle pour moi
qui n'ai jamais su répondre ce qu'il faut
Les étoiles sont un bandeau pour les yeux
s'il te plaît, ****devine***.
Juste pour voir
Un petit air enivrant
lancinant, ce soir juste pouvoir
Sauver ma peau
c'est fragile quand on souffle dessus
que quelqu'un me dise
le chaud et le froid
que quelqu'un fasse les gestes à ma place
qu'on parle pour moi
qui n'ai jamais su répondre ce qu'il faut
Les étoiles sont un bandeau pour les yeux
s'il te plaît, ****devine***.
Juste pour voir
jeudi 26 avril 2007
Je suis absente. Laissez-moi un message
Il y a les mots, presque avalés de force. Reste, et goût de revient. Quelqu'un qui s'approche d'un peu trop près. Doux ou acides, moi je les mets dans le même plat. Quand ça m'atteint. Des fois, je peux être tellement loin. Et vous pouvez le croire, même quand c'est injuste. Des fois, je suis juste à côté mais vous ne pouvez pas me voir.
J'ai toujours préféré dans le noir. Les petits matins ou les crépuscules. J'ai toujours aimé. Regarder le ciel, dos au mur et la musique forte.
Je lis souvent la première et la dernière pages avant de choisir.
Il y a les mots, presque avalés de force. Reste, et goût de revient. Quelqu'un qui s'approche d'un peu trop près. Doux ou acides, moi je les mets dans le même plat. Quand ça m'atteint. Des fois, je peux être tellement loin. Et vous pouvez le croire, même quand c'est injuste. Des fois, je suis juste à côté mais vous ne pouvez pas me voir.
J'ai toujours préféré dans le noir. Les petits matins ou les crépuscules. J'ai toujours aimé. Regarder le ciel, dos au mur et la musique forte.
Je lis souvent la première et la dernière pages avant de choisir.
mardi 24 avril 2007
(...)
Obsession, tu me déranges. Il suffit d'un mot, un signe, disséminés au quotidien. Une image se profile au fond des yeux. Et je ne vois plus rien.
Angoisse, tu me dégoûtes. Il suffit d'un geste qui écoeure, une petite voix à l'intérieur. Quelque chose sonne creux. Et je ne veux plus rien.
Maintenant, dis-moi, que dois-je faire déjà ?
Obsession, tu me déranges. Il suffit d'un mot, un signe, disséminés au quotidien. Une image se profile au fond des yeux. Et je ne vois plus rien.
Angoisse, tu me dégoûtes. Il suffit d'un geste qui écoeure, une petite voix à l'intérieur. Quelque chose sonne creux. Et je ne veux plus rien.
Maintenant, dis-moi, que dois-je faire déjà ?
lundi 16 avril 2007
Ca me colle à la peau. J'ai mal de dire, d'écrire. Il faut toujours justifier, expliquer. Et c'est toujours les mêmes choses. Les mots pour exprimer, c'est la boule au fond de la gorge. C'est les mains qu'on n'arrête pas de se passer dans les cheveux comme si on allait se les arracher, sur le front, dans le cou. C'est un corps trop petit quand tout risque d'imploser. C'est un corps trop lourd à traîner. Un poids mort.
Je serre les poings pour contenir. M'effondrer à chaque pensée. Il suffirait qu'il y ait quelqu'un. Mais il n'y a toujours eu qu'un mur sourd le vide tout autour
Et là, je n'arrive plus à avancer.
Je serre les poings pour contenir. M'effondrer à chaque pensée. Il suffirait qu'il y ait quelqu'un. Mais il n'y a toujours eu qu'un mur sourd le vide tout autour
Et là, je n'arrive plus à avancer.
dimanche 8 avril 2007
Je suis inconstance. Je ne sais pas ce que je veux. Ne croyez pas ce que je dis.
Juste le temps d'appuyer sur un bouton, et tout a changé. Le temps de fermer les yeux. Ou de les ouvrir, enfin, tout aussi bien.
Je me souviens des journées passées les volets clos. Parce que la lumière pouvait faire mal. Et des nuits la fenêtre ouverte même si on était en février, même si ces hivers-là c'était des lames sur la peau. Je me souviens, serrer les poings, ne pas laisser s'échapper un seul mot. Le silence contre la parole sale qui ne trouvait plus d'écho. Ma punition, la leur, la profusion de livres des bribes éparpillées dans ma tête. Des notes pour plus tard. Même si plus tard, ces jours-là c'était plus rien.
Juste le temps d'appuyer sur un bouton, et tout a changé. Le temps de fermer les yeux. Ou de les ouvrir, enfin, tout aussi bien.
Je me souviens des journées passées les volets clos. Parce que la lumière pouvait faire mal. Et des nuits la fenêtre ouverte même si on était en février, même si ces hivers-là c'était des lames sur la peau. Je me souviens, serrer les poings, ne pas laisser s'échapper un seul mot. Le silence contre la parole sale qui ne trouvait plus d'écho. Ma punition, la leur, la profusion de livres des bribes éparpillées dans ma tête. Des notes pour plus tard. Même si plus tard, ces jours-là c'était plus rien.
mercredi 4 avril 2007
[vide] L'impossibilité d'écrire
quelques notes sans paroles
Avoir la peau des mots.
(S'il te plaît, il me faut)
quelqu'un qui s'allongerait juste à côté,
sans demander que j'ouvre les yeux.
Sans demander à quoi je pense.
Assez près pour comprendre que la peau ne sait pas mentir.
Envelopper le silence, s'y attacher.
Assez fort pour prendre patience.
Assez fort pour.
Qu'on m'apprivoise
quelques notes sans paroles
Avoir la peau des mots.
(S'il te plaît, il me faut)
quelqu'un qui s'allongerait juste à côté,
sans demander que j'ouvre les yeux.
Sans demander à quoi je pense.
Assez près pour comprendre que la peau ne sait pas mentir.
Envelopper le silence, s'y attacher.
Assez fort pour prendre patience.
Assez fort pour.
Qu'on m'apprivoise
dimanche 1 avril 2007
Ce qui m'ennuie, c'est que j'ai peur que mon coeur ne soit plus généreux.
samedi 24 mars 2007
Nostalgie. C'est inscrit au fond des yeux, quelque chose surnage. Sur le plafond bleu, il y a un mirage.
Je suis une petite fille quand mon père brise l'enfant à l'intérieur. Il prend la langue acérée des lames de couteaux. Et il plonge les mots dans un coeur tendre. Il croit que quand on est petit, on ne peut pas comprendre. Je suis une petite fille qui regarde son père à genoux, qui demande pardon. Je suis une petite fille qui goûte la rage comme on mange des bonbons. Une fois la main tombée, on sait jusqu'où ça peut aller. Et je provoque, je défie. Et quand il est parti, je suis une petite fille qui regarde son père regarder derrière lui.
Je suis une petite fille qui embrasse la mort. C'est froid mais ça ne fait pas mal, puisqu'il dort. Je suis une petite fille qui marche seule au milieu de la rue, entre les gens alignés sur les trottoirs. Je regarde leurs mouchoirs comme si c'était de petits drapeaux d'acclamations.
Je suis une petite fille qui regarde tout s'écrouler. Et je recouvre l'effondrement de sable pour faire bonne impression. Je suis une petite fille qui va mal parce qu'elle vit dans le passé. Et qu'il n'y a personne pour la ramener.
Tu es une grande fille, m'a dit un jour mon père. Tu l'as voulu, il faut assumer.
Je suis une petite fille quand mon père brise l'enfant à l'intérieur. Il prend la langue acérée des lames de couteaux. Et il plonge les mots dans un coeur tendre. Il croit que quand on est petit, on ne peut pas comprendre. Je suis une petite fille qui regarde son père à genoux, qui demande pardon. Je suis une petite fille qui goûte la rage comme on mange des bonbons. Une fois la main tombée, on sait jusqu'où ça peut aller. Et je provoque, je défie. Et quand il est parti, je suis une petite fille qui regarde son père regarder derrière lui.
Je suis une petite fille qui embrasse la mort. C'est froid mais ça ne fait pas mal, puisqu'il dort. Je suis une petite fille qui marche seule au milieu de la rue, entre les gens alignés sur les trottoirs. Je regarde leurs mouchoirs comme si c'était de petits drapeaux d'acclamations.
Je suis une petite fille qui regarde tout s'écrouler. Et je recouvre l'effondrement de sable pour faire bonne impression. Je suis une petite fille qui va mal parce qu'elle vit dans le passé. Et qu'il n'y a personne pour la ramener.
Tu es une grande fille, m'a dit un jour mon père. Tu l'as voulu, il faut assumer.
jeudi 22 mars 2007
Il y a les mots qu'on ne peut pas écrire ici. S'ils sont trop durs. Ecorchent ou [censure].
Il y a les mots qu'on écrit sur la peau pour ne pas les perdre.
La musique est trop forte, ça m'empêche de penser correctement. Raisonnablement. C'est ça, on m'a toujours conseillé d'être raisonnable. J'ai toujours écouté Tu crois pas que t'exagères, arrête de jouer la comédie. Tu dramatises tout.
Il y a les gens qui sont une suite de déceptions perpétuelles. Pas parce qu'on espère. Ni trop longtemps ni trop fort. Mais parce qu'on essaie de les aimer tels qu'ils sont. Et qu'on veut croire seulement en eux, bien plus qu'on ne croira jamais en nous.
Il y a les gens nocifs, ceux qui ont été ma kryptonite pendant des années.
Et il y en a tellement, d'autres.
Il y a les mots qu'on écrit sur la peau pour ne pas les perdre.
La musique est trop forte, ça m'empêche de penser correctement. Raisonnablement. C'est ça, on m'a toujours conseillé d'être raisonnable. J'ai toujours écouté Tu crois pas que t'exagères, arrête de jouer la comédie. Tu dramatises tout.
Il y a les gens qui sont une suite de déceptions perpétuelles. Pas parce qu'on espère. Ni trop longtemps ni trop fort. Mais parce qu'on essaie de les aimer tels qu'ils sont. Et qu'on veut croire seulement en eux, bien plus qu'on ne croira jamais en nous.
Il y a les gens nocifs, ceux qui ont été ma kryptonite pendant des années.
Et il y en a tellement, d'autres.
samedi 17 mars 2007
Je n'arrive pas à me concentrer. Je reprends
c'est comme si c'était quelqu'un d'autre
Ses cheveux trop courts ses mises en scène ces spectacles qu'elle joue. Chaque journée n'est pas la poursuite d'un précédent mais chaque fois, un autre jour, qui recommence. Depuis le début, toujours des gens qui s'effacent, des masques différents.
Je l'écoute donner sa préférence à la tragédie. Il dit que les drames révèlent qui nous sommes au fond. S'ils savaient à quel point je connais bien celle qui reste dans l'ombre. Je la tiens par la main, petite chose, à côté de moi tu es bien grande à présent. Tu me dévores le soleil, tu défais le noeud dans mes cheveux et ma jupe tourne, tourne tourne
Dans mon quotidien, il y a quelque chose qui rôde. Un écoeurement de temps en temps qui revient vous prendre à la gorge et étouffer les rires fous. Dans ma tête, il y a quelque chose qui danse
c'est comme si c'était quelqu'un d'autre
Ses cheveux trop courts ses mises en scène ces spectacles qu'elle joue. Chaque journée n'est pas la poursuite d'un précédent mais chaque fois, un autre jour, qui recommence. Depuis le début, toujours des gens qui s'effacent, des masques différents.
Je l'écoute donner sa préférence à la tragédie. Il dit que les drames révèlent qui nous sommes au fond. S'ils savaient à quel point je connais bien celle qui reste dans l'ombre. Je la tiens par la main, petite chose, à côté de moi tu es bien grande à présent. Tu me dévores le soleil, tu défais le noeud dans mes cheveux et ma jupe tourne, tourne tourne
Dans mon quotidien, il y a quelque chose qui rôde. Un écoeurement de temps en temps qui revient vous prendre à la gorge et étouffer les rires fous. Dans ma tête, il y a quelque chose qui danse
vendredi 9 mars 2007
Les images d'autrefois ont gardé toutes les couleurs. Si les souvenirs sont des peaux, je conserve la douceur.
Ecrire ce sont les mots qu'on roule roule, glissés dans une bouteille, qu'on jette à la mer. Du haut d'un pont, d'un précipice, vertigineux espoir d'être attendue.
Et coule, coule coule
De l'autre côté de l'océan, ça fait toujours la même distance entre. C'est toujours à toi que je m'adresse. Les images d'autrefois sont gardées, précieuses, au fond des yeux. Si tu regardes bien, un jour, tu verras que je n'ai jamais eu de cesse...
Et coule, coule coule
De l'autre côté de l'océan, ça fait toujours la même distance entre. C'est toujours à toi que je m'adresse. Les images d'autrefois sont gardées, précieuses, au fond des yeux. Si tu regardes bien, un jour, tu verras que je n'ai jamais eu de cesse...
samedi 24 février 2007
Disons que tu es dans le noir ou que tu t'apprêtes à aller éteindre la lumière.
Tu écoutes cette chanson, et tu montes le son très très fort.
Tu t'allonges sur ton lit, à l'envers.
Tu mets les pieds à l'endroit où tu rêves, la tête à l'autre bout, légèrement en arrière.
Et tu glisses tes mains dessous. Ou peut-être, tu les laisses pendre un peu sur les bords.
Tu joues le jeu.
Tu fermes les yeux.
Et alors. Tu imagines
L'intimité.
Tu écoutes cette chanson, et tu montes le son très très fort.
Tu t'allonges sur ton lit, à l'envers.
Tu mets les pieds à l'endroit où tu rêves, la tête à l'autre bout, légèrement en arrière.
Et tu glisses tes mains dessous. Ou peut-être, tu les laisses pendre un peu sur les bords.
Tu joues le jeu.
Tu fermes les yeux.
Et alors. Tu imagines
L'intimité.
je suis juste à côté
jeudi 22 février 2007
[ FIN ]
[ Ecran noir ]. Je vous ai fait peur ?
Il me reste vingt et une choses à vous dire. Même si je me sens partir. Dites que vous me retiendrez.
1) Ca commence mal...
2) A quatre ans, j'avais une famille absente. J'ai tout oublié sauf que ma mère saigne. Par la bouche.
3) Le nounours que mon frère a acheté pour ma naissance a fini sur le toit de l'école maternelle. Je vous rassure, on l'a récupéré. Mais il a perdu un oeil...
4) On m'a demandée en mariage la même année. Il avait cinq ans et moi, quatre et des poussières. Je n'ai jamais su quoi lui répondre.
5) Petite fille, je regardais la couleur du ciel avant de choisir mes vêtements pour le lendemain.
6) J'étais maniaque avec mes chaussures.
7) De mon enfance, j'ai gardé une profonde angoisse d'aller à la piscine.
8) Mon premier amoureux s'appelait Jules mais il aimait "Vanessa". Il y a eu d'autres histoires similaires.
9) Un jeudi à 16h30, ma nourrice m'a oubliée. Vers 19h, mes parents m'ont retrouvée. J'étais assise sur un banc. J'avais cinq ans.
10) J'aimais pas du tout quand mon frère regardait Dragon Ball Z.
11) A huit ans, j'ai découvert que les gens meurent sans nous prévenir.
12) Après, j'ai évité d'y penser.
13) Il paraît que j'ai un humour caustique et que je suis râleuse. Vous croyez ça, vous ?!
14) Une nuit, j'ai rêvé que Patrick Bruel était méchant avec les animaux.
15) A douze ans, j'ai voulu mourir.
16) A dix-sept, j'ai failli.
17) A dix-neuf.
18) Et puis.
19) Une fois, un garçon qui aimait les mandarines m'a dit que j'étais ravissante. J'ai bien failli le croire.
20) Sentimentalement défecteuse, on peut faire quelque chose... (?)
21 ans. Le temps perdu ne se rattrape pas, il paraît.
[ Ecran noir ]. Je vous ai fait peur ?
Il me reste vingt et une choses à vous dire. Même si je me sens partir. Dites que vous me retiendrez.
1) Ca commence mal...
2) A quatre ans, j'avais une famille absente. J'ai tout oublié sauf que ma mère saigne. Par la bouche.
3) Le nounours que mon frère a acheté pour ma naissance a fini sur le toit de l'école maternelle. Je vous rassure, on l'a récupéré. Mais il a perdu un oeil...
4) On m'a demandée en mariage la même année. Il avait cinq ans et moi, quatre et des poussières. Je n'ai jamais su quoi lui répondre.
5) Petite fille, je regardais la couleur du ciel avant de choisir mes vêtements pour le lendemain.
6) J'étais maniaque avec mes chaussures.
7) De mon enfance, j'ai gardé une profonde angoisse d'aller à la piscine.
8) Mon premier amoureux s'appelait Jules mais il aimait "Vanessa". Il y a eu d'autres histoires similaires.
9) Un jeudi à 16h30, ma nourrice m'a oubliée. Vers 19h, mes parents m'ont retrouvée. J'étais assise sur un banc. J'avais cinq ans.
10) J'aimais pas du tout quand mon frère regardait Dragon Ball Z.
11) A huit ans, j'ai découvert que les gens meurent sans nous prévenir.
12) Après, j'ai évité d'y penser.
13) Il paraît que j'ai un humour caustique et que je suis râleuse. Vous croyez ça, vous ?!
14) Une nuit, j'ai rêvé que Patrick Bruel était méchant avec les animaux.
15) A douze ans, j'ai voulu mourir.
16) A dix-sept, j'ai failli.
17) A dix-neuf.
18) Et puis.
19) Une fois, un garçon qui aimait les mandarines m'a dit que j'étais ravissante. J'ai bien failli le croire.
20) Sentimentalement défecteuse, on peut faire quelque chose... (?)
21 ans. Le temps perdu ne se rattrape pas, il paraît.
