Ecrire partout et sur la peau.: Petit homme.

samedi 14 janvier 2012

Petit homme.

Je te vois pour la première fois assis, sur un quai de gare, tee-shirt rouge. Je te vois petit, si près, si grand en apparence. Il y a de la distance encore, toujours, qui m'empêche de serrer contre moi ce qui me touche. Tellement ça me touche, peut-être. Peut-être parce que personne, jamais, n'a été si près que toi, petit, en cet instant. Je t'entends plein de certitudes, je te vois plein de doutes. Je te sens incertain. J'aimerais, si tu savais, j'aimerais là, aujourd'hui comme hier te prendre, t'emmener n'importe où. Essayer de sauver ce qui peut l'être de toi, ce qui semble s'éteindre. Avec la petite flamme, le parfum. De la différence. Petit homme, j'aimerais te prendre par la main. Pas pour te guider, non. Juste t'accompagner sur le fil que tu as tendu au-dessus du vide. Juste relier nos deux solitudes l'une à l'autre. Essayer que demeure quelque chose, au milieu de la disparition. Au milieu du chagrin.